lundi 19 mars 2007
[Notre amour artichaut]..........
J'ai appelé l'amie, la sœur. Je lui demandais à qui dédier une barigoule d'artichauts aux crevettes… Question délicate, on en conviendra.Elle a à peine osé répondre : "artichauts et crevettes ? à un Breton !"Et pourquoi non ? j'ai trouvé ça tout à fait génial, ai donc supprimé l'assent de Marseille ainsi que l'article indéfini.Entre rêve et réalité, tristesse et amusement, je me suis amusée à vous tricoter en pilotage automatique un hommage à André B. (attention c'est bourré de clefs, ne vous faites pas mal – oh,... [Lire la suite]jeudi 15 mars 2007
[Four Lane Road]..........
Elle doit parler quelque part derrière lui. Il perçoit vaguement, sans qu'il le décrypte plus, le bruit qu'elle fait quand elle ouvre la bouche. Comme on n'écoute plus une radio que l'on laisse toujours en sourdine dans la maison, pour l'impression qu'elle donne de tenir compagnie, par paresse d'aller l'éteindre. Il aimerait avoir la paix, il ne formule même pas cette pensée, ce serait lui laisser de l'emprise. Il fait mine de regarder du côté de l'ouest mais n'attend rien, ni voitures –il n'en passera plus guère... [Lire la suite]dimanche 11 mars 2007
[L'enfant de la duchesse]..........
Mon amour sur les bras est lourd. Mon amour sur les bras est ficelé. Il pèse des tonnes. Mon amour pleure sans larmes entre ses bourrelets. Il ressemble à un rejeton de duchesse qui se transformerait en cochon. Qui d'entre mes bras comme un enfant battu s'enfuirait, courant sans trop de hâte vers le bois. "en grandissant, se dit Annie, ce fût devenu un amour terriblement laid ; mais cela fait, je le trouve assez joli cochon". Oh tout mon amour, mon amour mon amour rose ce loukoum mort, tient froid à mes genoux... [Lire la suite]mercredi 7 mars 2007
[Qui qu'en veut des beigne(t)s ?]..........
Argh… à qui vais-je dédier mes beignets de carnaval ? C'est bien joli ce principe de dedicacessen, mais ça simplifie pas la tâche, hein, on va même dire que ça fait double boulot.
Pardon ? Qu'est-ce que tu dis, ma fille adorée, chair de ma chair, sang de mon sang ? Arlequin ? Ouaip. Je le connais guère tu sais, ma puce. Enfin, disons que comme tout le monde, je sais bien que c’est un genre de pantin en patchwork qui sautille, tout guilleret dans un pyjama disco. C’est pas que ça me branche plus que ça… ... [Lire la suite]dimanche 4 mars 2007
[Linea adriatica]..........
Il y a un petit garçon à la fenêtre du train. Pourtant le convoi file dans la nuit, il ne doit rien voir. Le petit garçon a 10 ans et il n’en est pas à son premier ni à son dernier voyage sur cette ligne-là. Il a appuyé son nez à la vitre et si, il voit. Il voit l’Italie d’août 1969 qui dort derrière ses champs et ses murs, dans la berceuse des vagues salées. Il aperçoit les lumières des villes au loin qui pleuvent quand arrivent les gares. Car ce sont bien elles qui jaillissent, comme des cailloux venus de la lune,... [Lire la suite]dimanche 18 février 2007
[Chacun sa Vouivre]..........
La Vouivre est la légende (mon œil !) franc-comtoise la plus vivace. Si on en croit l’ouvrage très scientifique " la Grande Encyclopédie des Fées ", la Vouivre serait un serpent ailé couvert de feu, portant à son front une pierre précieuse qui étincelle dans le ciel où elle passe. Elle est gardienne des trésors, féconde la terre, le ciel et les rivières. Elle est l’alliance des quatre éléments et ramène le printemps. Reine des serpents, elle leur commande d’attaquer l’impudent qui tenterait de voler son... [Lire la suite]jeudi 15 février 2007
[Cochon qui s'en dédit]..........
Je chinoise, tu japonises, il ou elle, on asiatise, nous vietnamisons, vous faites quelque chose dimanche ? Ils ou elles fêtent le nouvel an chinois.
Partout c’est la fête du cochon. Attention, hein ! pas question d’égorgement tête en bas, de tripailles sanguinolentes et de chaudron sur le feu pour cuire la bête pendant des heures, non non ! là, je vous parle de l’autre… Pas du cochon-tout-est-bon de nos campagnes, mais du Porc Majuscule aux allures de bouddha, pansu et noble, celui du zodiaque chinois. Voyons voir de quoi il a... [Lire la suite]lundi 12 février 2007
[Avant l'aube]..........
15 ans.
Sauf que c’était un mercredi. Mais il est vrai que j’étais partie un lundi soir à la maternité. Je m’étais douchée, et… maquillée. J’avais lavé mes cheveux, pris le temps d'un brushing, je voulais être jolie pour mon bébé. 48 heures plus tard je ne sais pas comme elle m’a trouvée, je n’ai pas pensé à me repoudrer le bout du nez. Oh l’émotion qui balaie toutes les autres ! Oh le grand voyage. Toute une aventure chaude et luisante sur mon ventre posée. " mon bébé, mon bébé... [Lire la suite]jeudi 8 février 2007
[Des baisers sur mon front brûlant, des baisers sur mon front brûlant]..........
J’écoute tout le temps la radio. En faisant la brioche, aussi. Y a des radios partout. Cuisine, voiture, chambres, salle de bains. A vrai dire, dans la salle de bains, il y en a même deux. Une pour la fille, branchée sur Europe 2 et la nôtre, sur Inter. Inter dans toute la maison. Donc, forcément, quand je pétris, il y a quelque part des gens qui me parlent. La dernière fois, alors que je malaxais goulûment, sans penser à rien puisque c’est le but, ou alors façon puzzle, sans suite et sans lourdeur, les gens de dedans le... [Lire la suite]mardi 30 janvier 2007
[Récitation]..........
Quand j’étais enfant, les institutrices nous faisaient recopier des poèmes sur la page gauche d’un petit cahier. Charge à nous de les illustrer, en dessinant, en découpant, en collant les images de notre choix sur la page restée libre. Les magazines télé y passaient, les catalogues de graines et fleurs, les dessins récupérés dans les cahiers de la grande sœur, des débuts de chefs-d’œuvre incompris où des fleurs incongrues planquaient des taches de chocolat. Cette fois je fais l’inverse. Sur la page... [Lire la suite]










