DEDICACESSEN

Blog de cuisine et de petites histoire ; Le principe ? Tout un plat, toute une histoire... Quand l'inspiration est là, la recette est dédiée à un personnage de mes paysages réels ou rêvés : Vouivre, Hopper, San Antonio, André Breton, Maroc, Italie, enfanc

lundi 25 février 2008

# Braciole pour Agnès Desarthe #

dedHPIM7833Braciola veut dire côtelette en Italien. Mais cette recette n'a rien à voir avec des côtelettes, ce serait plutôt des paupiettes aux herbes et au fromage. Allez y comprendre quelque chose. Peut-être que ça veut dire autre chose en patois des Pouilles, je l'ignore. En plus, il n'y a qu'un "c" à braciole et on prononce bratchiolé. Quel casse-tête. Toujours est-il, hein. Toujours que si on aime la cuisine, il faut lire ce roman d'Agnès Desarthe, Mangez-moi, onirique et poignant, chaleureux, amoureux, sensuel. Je me doutais bien qu'Agnès était de ce bois-là, qu'elle entendait sous les plats les histoires, sous les mains qui cuisinent les caresses.
J'ai mangé avec elle dans une vie antérieure et le coup de fourchette, la lueur au fond du regard ne trompent pas. Joyeuse convive, la dame se tient à table avec classe et imagination, je l'ai aimée mangeant joliment sans goinfrerie et sans chipotage, sans avidité ni indifférence, enthousiaste à la conversation comme au vin, avant de la connaître écrivain. Au retour de ce repas magique où nous nous sommes bien gobées, je l'ai lue et depuis, elle m'accompagne. Je l'entends souvent rire haut et clair quand j'écris un peu.

On y va ?dedHPIM7798

> Ingrédients

- steaks de gîte de bœuf de 50 à 70 grammes pièce (on comptera de 2 à trois pièces par personne)
- persillade
- copeaux de parmesan
- Un oignon
- purée de tomates
- pulpe de tomates
- un verre de vin blanc sec
- basilic
- ail
- sel
- poivre

> On en fait quoi ?

dedHPIM78121- La sauce
Faire revenir un oignon émincé finement dans de l'huile d'olive. Quand il est transparent, commence juste à prendre couleur, ajouter un verre de vin blanc, laisser réduire 4 à 5 mn, ajouter 400 g de pulpe de tomates épépinées et pelées, 500 grammes de purée de tomates (oui, ça va faire beaucoup de sauce mais au final elle aura un tel goût, après ses trois heures de cuisson, parfumée par la viande, que vous serez bien content d'avoir congelé le rab pour accompagner une assiette de pâtes un soir de disette), un grand verre d'eau (on peut préférer mettre du  bouillon de bœuf) du sel, poivre à peine, ail haché menu ou pressé,  un tas de basilic haché. Lancer la cuisson à feu moyen pendant qu'on prépare les paupiettes.

2- On a fait aplatir la viande par son gentil boucher ou on la tape soi-même, à grand coups de manche de couteau lourd. Ou au rouleau à pâtisserie (là on peut penser à tout ce qui nous pourrit la vie, l'aplatissage de steaks évite les débordements caractériels, j'en jurerais, ça garde digne en toute circonstance, ça apprend à se présider face à l'adversité)

3- Saler ededHPIM7825t  poivrer chaque tranche. Répandre de la persillade selon son goût et quelques beaux copeaux de parmesan. Rouler serré, fermer à la ficelle ou/et aux cure-dents.

4- Faire  revenir à l'huile d'olive de toutes parts.

5- Passer la sauce au mixer plongeant, jeter la viande dedans (enfin… "jeter" c'est vite dit hein, gaffe aux éclaboussures, vous pouvez tout aussi bien "déposer") laisser ratasser à tout tout tout petit feu pendant 3 heures à découvert.

6- A la mode italienne, on les servira seules après une entrée de pâtes (orechiette fortement recommandées) à la mode française on servira tout en même temps (orechiette toujours aussi fortement recommandées).

Posté par A_Lenverre à 11:32 - Plats - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    je crois bien que ce sera la seule façon pour moi de manger un steak !je ne connais pas madame Agnès , j'ai vu le lien pour y remédier

    Posté par irisa, lundi 25 février 2008 à 13:44
  • J'ai beaucoup aimé ce livre aussi.

    Posté par bergeou, lundi 25 février 2008 à 14:56
  • Et bien moi je connaissais l'auteur mais non les bracioles.
    Merci pour cette découverte, ça doit effectivement avoir un goût succulent.
    Et comme j'ai un boucher super gentil, la préparation ne devrait pas poser de problème.

    Posté par Diane, lundi 25 février 2008 à 17:58
  • A cuisiner en écoutant une chanson idiote des Charlots

    Posté par le zibou, lundi 25 février 2008 à 23:12
  • C'est exactement comme ça que j'aime la viande. Cuite très longtemps. Merci.

    Posté par la Mère Castor, mercredi 27 février 2008 à 11:46
  • Tu m'as convaincu, je vais faire ça pour l'anniversaire de ma femme! ou un osso bucco. ou un tiramisu.

    Quoiqu'il en soit, je t'ai mis un jeu et il faut que tu regardes ce que tu dois faire chez moi. Ca te donnera l'occasion de venir mettre un quatrième commentaire de la journée ;op

    Posté par Grand Chef, mercredi 27 février 2008 à 15:51
  • Zut. j'airais pas dû cliquer sur "présider". Ça m'a mis de mauvaise humeur.
    bon mais ça fait rien, la recette c'est tout comme ce que j'aime: pas de quantités précises et ça mijote tout le temps qu'on veut.
    Aaah seigneur. j'imagine le parfum. C'est le genre de plats que quand votre mama vous en fait quand vous êtes petits, vous passez votre vie entière à le retrouver...
    j'ai juste une question: la pulpe de tomates et la purée de tomates. La pulpe: c'est avec morceaux, et la purée c'est lisse ? j'ai juste ? c'est que j'ai pas eu de mama italienne, moi.
    soupir.
    demain j'achète du gîte.
    Je suis sûre que ça va leur plaire, chez moi.
    liste des courses:

    1 kg de gîte
    1 livre d'Agnès Desarthe
    1 paquet d'orrechiette

    le reste, j'ai.

    j'te bisouille.

    Posté par Marie-Claire, mercredi 27 février 2008 à 21:17
  • Je viens de poster une variante de tes bracioles. On s'est bien régalé grâce à toi hier.

    Posté par Diane, vendredi 29 février 2008 à 09:04
  • T'as raison, Gécé, pour un anniv, ce qu'il y a de mieux, c'est les lasagnes. Han. Non, je dis "han" parce qu'il me vient une idée de billets que vous allez mourir en bavant devant vos claviers. Ou au-dessus. Tout ça tout ça.

    Marie-Claire : je dis pulpe parce qu'au printemps, ou en été, enfin à la saison des vraies tomates, je mets de la chair de. Donc en hiver, je mets de la chair de, en boîte. Mais ça peut paraître bien étrange étant donné le coup de mixer. On mettra ça sur le compte de mes nombreuses contradictions intrinsèques, ce coup de mixer. Et puis voilà.

    Diane, un seul mot : oui.

    les autres : j'vous aime aussi.

    Posté par dedicacessen, vendredi 29 février 2008 à 13:07
  • Sais-tu que maintenant je vais te suivre sur *toutes* tes lectures! Et en cuisine aussi, c'est tout à fait le genre de truc que j'aime préparer quand je suis en pause marine.

    Posté par Patrick CdM, mercredi 5 mars 2008 à 17:00

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