DEDICACESSEN

Blog de cuisine et de petites histoire ; Le principe ? Tout un plat, toute une histoire... Quand l'inspiration est là, la recette est dédiée à un personnage de mes paysages réels ou rêvés : Vouivre, Hopper, San Antonio, André Breton, Maroc, Italie, enfanc

mercredi 7 mars 2007

[Qui qu'en veut des beigne(t)s ?]..........

 

 

 

Argh… à qui vais-je dédier mes beignets de carnaval ? C'est bien joli ce principe de dedicacessen, mais ça simplifie pas la tâche, hein, on va même dire que ça fait double boulot.

Pardon ? Qu'est-ce que tu dis, ma fille adorée, chair de ma chair, sang de mon sang ? Arlequin ? Ouaip. Je le connaisbugnes08 guère tu sais, ma puce. Enfin, disons que comme tout le monde, je sais bien que c’est un genre de pantin en patchwork qui sautille, tout guilleret dans un pyjama disco. C’est pas que ça me branche plus que ça…  Quoique... je me souviens d'un Arlequin de Picasso, un au regard tellement rêveur, tellement mélancolique, que j'en étais tombée amoureuse dans une salle de musée... Et puis il était assis celui-là. Mais tu veux que je te dise ? Il n'avait pas l'air de vouloir manger, je le dérangerais.
pffff… si ! je me souviens ! Michel Tournier parle d’Arlequin dans un de ses livres pour enfants ! Même que ça se passe à Pouldreuzic. Colombine quitte le boulanger Pierrot pour les couleurs d’Arlequin, je crois… Je pourrais le détourner de la demoiselle volée avec une platée de pâtisseries... Va me le chercher ton livre*, Pépette. marcel02Quoi ? ? ? ? Tu ne sais pas où il est ? Mais purée !  Il est dédicacé par Michel Tournier lui-même, tu te rends compte ? ? ? ? Il parle de ton sourire dans la dédicace ! On perd pas un bouquin de Michel Tournier et encore moins un bouquin dédicacé qui parle de ton sourire  ! En plus, un livre qui raconte une histoire se déroulant à Poul-dreu-zic alors que personne mis à part lui, Grand Chef et nous ne connaît Pouldreuzic et madame Lebars ! Enfin ! Oh et puis laisse tomber, va. Je vais arrêter de les enquiquiner avec Tournier. J’ai commencé le Blog avec son roi Taor. Tu crois qu’il m’en aurait été reconnaissant ? Un ptit mot pour me dire qu’il était tout content d’une telle gloire ? Penses-tu ! Rien, nicht, nada que dalle que pouic. Non, je vais trouver autre chose (pas la peine de me faire cette tête de chat potté, m'ssieur Tournier, j'ai dit non !). On va varier un peu les plaisirs.

'fin… faut que je me dépêche, hein, tu connais les gens, passée l’heure c’est plus l’heure… et carnaval est déjà derrière. Oui ! Je sais bien qu’il y a pas d’heures pour manger des beignets pareils ! Mais ban. Si je les sors au mois d’août ça paraîtra bien incongru tout de même. Depuis quand j’ai peur d’être incongrue ? T’as raison.. je vieillis, sûrement. Mais quand même… je les connais encore pas trop, je peux pas me permettre n’importe quoi. J’aurais bien aimé les dédier aux petites copines du bas du bloc que je déguisais avec de vieilles frusques, c’était tout le temps carnaval sur la pelouse ; mais vont finir par croire que je suis embourbée dans la nostalgie camarade.

Attends je vais regarder ce que Mister Goog’ nous dit de " carnaval ". Il me renvoie à madame wikipédia… Oh ! écoute bugnes04ça  ! certains pensent que carnaval signifie : adieu la chair. C’est sublime, "adieu la chair", non ? Des beignets pour un Casanova devenu impuissant ? pour le consoler ? Il est mort comment Casanova ? J’ai lu sa bio il n’y a pas longtemps, j’ai pas retenu. Je sais juste que ce n’était pas un séducteur, un fan de conquête, juste un très grand amoureux, un jouisseur aussi, mais sentimental. J’ai vu sa trombine ! Dis donc le profil ! Enfin, on appâte rarement de profil, tu me diras, tout devait être dans l’oeil. Et puis on ne peut guère se fier à ces trucs hein, suffit que le portraitiste ait été un peu jaloux des succès du monsieur… Bon… Comment ? c’est un peu tiré par les cheveux ? peut-être… "adieu la chair"… adieu la chère… Marceline Desbordes-Valmore… ? non, ce serait trop long à expliquer et puis de toute façon je la vois pas grailler quelque chose d’aussi roboratif. Quand je ferai une gelée de pétales de roses, peut-être. Là, j’ai besoin de jolis mangeurs, de sans chichis (fregi ?), de ceux qui se foutent de mourir bien beaux bien minces.

Et qu’est-ce que tu penses de ça : des beignets pour l’hiver ?

Quoi " bof " ? le carnaval c’est la fin de l’hiver ! Je sais bien qu’on l’a pas beaucoup vu cettebugnes06 bugnes05année, mais c’est pour tous ceux qu’on s’est fadés précédemment. Tu te souviens, l’an dernier, même période, les records de neige ? Les rameaux sous les 50 cm ? Alors là, on pourrait lui tendre une poignée de bugnes et lui gueuler : "prends ça et casse-toi loin, l’hiver !". Après on irait aux jonquilles. Quoi ? Oui, je sais bien que l’hiver c’est utile, le repos, tout ça… pffffffff… oui, bien sûr que chaque saison a son charme. Tu me dis ça à moi ? je suis née au cœur de l’hiver, moâ, mademoiselle, j'ai rien à apprendre sur l'hiver, moâ, miss. Dans le fond, je crois que j'ai pas mal de tendresse pour lui, ne serait-ce que parce que c'est la saison de l'attente. On croit que tout est crevé, mais non ! tout se prépare au renouvellement, dans le secret des terres gelées. Pardon ? Ah crotte, je verse facilement dans le pouetique à deux balles, t’as pas tort. Non, écoute, je vais laisser tomber l’hiver… Pas facile de les fourguer, mes beignets. Mais j’y tiens…

T’entends comme on les prononce, ici les beignets ? bœufs niais. J’en offre à celui de la crèche ? Pour le coup, ça c’estbugnes07 tiré par les cornes ! … Non mais écoute vraiment… " beuuuu-gnet ". Comme beugner. Comment ? tu sais pas ce que veut dire "beugner" ? m’enfin ; Une beigne, c’est une châtaigne. Une mandale, une rouste, un pain quoi ! ça doit être franc-comtois. C’est un coup. Un choc ! "on t’a beugné ta bagnole sur le parking du leclerc ? oh les salauds y a plus de respect pour rien!" " il est rentré de l’école tout beugné, il s’est encore foutu dessus avec la bande du Pont-de-Gland ! ". Tu vois ?

ça y est ! ! ! je l’ai ! Je l’ai mon coco à moi qui ira bien avec mes bugnes. Mon gars courageux qu’a peur de rien, même pas de la friture, mon homme mon vrai qui se fout pas mal de ses bugnes10légumes quotidiens et de son litre et demi de flotte. Qu’a même besoin de sucres lents. Pis qu’a pas peur des uppercuts, des beignes. Je l’ai ! Le monsieur, dans le film que tu as tant aimé ma puce ! le monsieur qui meurt en avion. Je vais donner mes beignets à Marcel ! Non c’est pas démago ! Non c’est pas pour être à la mode. Tu vas voir : de toute façon y a un tas d’ânes qui vont vouloir faire leurs originaux à défaut de l’être et qui vont le démolir ce film. Ça a déjà commencé, non non, je t’assure en faisant ça, je risque même d’être tout à fait à contre-courant dans peu de temps. Pis on s’en fout ! J’ai pas attendu Marion pour aimer Edith, j’ai pas attendu le film et ce très bel acteur pour être amoureuse de Marcel ! Je m'en fous de pas nager à contre-courant et de passer pour un mouton...
Moi ça me botte d’imaginer les grosses paluches de Cerdan sur mes gâteaux. D’imaginer aussi que parce que c’est populaire ("canaille" comme ils disent maintenant, les Parisiens), ces pâtisseries-là, il les partagera avec Piaf, qu’ils s’en colleront plein leurs panses de fantômes amoureux, en se marrant des kilos pas pris. Des beignets pour deux beugnés, un par le ring, l’autre par la vie. C’est pas beau ça ? C’est vendu ! (Tout ça pour dire que c'est quand même parfois super compliqué et tordu dans la tête de la dame qui cuisine. Et tout ça pour la plaindre un peu aussi d'être si peu lue alors que ça prend tant de temps ; tap tap tap : réconfort. Même si tout ça pour constater qu'on l'oblige pas non plus, hein. Et, enfin, et surtout : tout ça pour ça ? ? ? ? ? ? ? ? )

bugnes09

crédit images :
portrait de Michel Tournier par olivier Roller
détail de l'Arlequin assis de Picasso
Neige de chez moi
carte postale Marcel Cerdan sur marcelcerdan.com
boeufs, Casanova et mouton punk anonymes, au hasard du Net

* Pierrot ou les secrets de la nuit - Roman jeunesse

La recette ici

Posté par A_Lenverre à 10:07 - Toute une histoire - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    2 com' en moins de 24h, tout ça pour m'inciter (in)consciemment à venir chez toi, mais c'est minab', MI-NA-BEUH !
    En même temps, si j'aurais pas vunu, j'aurais pas (re)découvert ton amôôôur pour la littérature de Michel Tournier, un de mes auteurs fétiches.
    Pour wam, cela a commencé avec le classique de la littérature pour jeunesse, Vendredi ou la vie sauvâââge. Quelques années plus tard, je lui préférais la version moins soft (pour grand nadulte), Vendredi ou les limbes du Pacifique. De là (et de mon goût pour la Bretagne) est né mon amôôôur des îles et des îliens, au point de rédiger tout un mémoire à leur propos.
    Bah voui, les îles me fascinent et tout descendant de Robinson Crusoë itou. Pourquoi ? Parce qu'au fond, c'est peut-être là mon rêve ultime : l'isolement contraint sur une terre perdue, au coeur d'une mer hostile et nourricière, un terre où tout est à bâtir, mais où y'a de l'eau fraîche, où qui fait pas trop chaud (je supporte pas ; au delà de 28° à l'ombre, je tourne de l'oeil, chochotte), où qu'il est fastoche de faire du feu sans s'user jusqu'au sang le cuir des mains, où qu'y'a pas d'bonshommes autre que moi, où qu'y'a peut-être un jour une bonne femme qui débarque (bah oui, j'aurais des besoins tout de même, hein, je suis pas assez maso pour me la péter Robinson des Limbes et faire des choses heu... incongrues avec la nature, hein !). Bon, bien sûr, la plage sera de sable fin, y'aura des cocotiers, y'aura des bananiers, des manguiers, des litchier (??? pas top comme non, mais j'ai la flemme d'aller sur Google), y'aura un peu de neige à Noël pour que je puisse faire un peu de luge sur une feuille de bananier et faire des bonnes femmes de neige, avec de gros lolos et de long cheveux en chanvre et heu... qu'est-ce que je prendrais pour le nez ? Ouais, y'aura aussi des carottes sur mon île, et des patates pour faire des frites à l'huile de palme (Aaargh, tant pis pour l'huile d'olive !), et des fraises (j'aime bien les fraises) et des cerises, et des framboises (peux pas vivre sans framboise), et des courges (j'adore les courges) et heu...
    Bon OK, si je devais vivre seul sur une île, je serais un peu dans la merde, mais j'aimerais assez, hein ! Brel aurait été dacodac avec moi :
    "Une île
    Une île qu'il nous reste à bâtir"

    Posté par Tit', samedi 10 mars 2007 à 08:20
  • Bon, en même temps, le sujet c'était pas la tête de caliméro de Tournier, ni la vie trépidante de Tit' sur une île déserte, mais les beignets... Rhaaa, les beignets, si c'était pas si gras !...

    Posté par Tit', samedi 10 mars 2007 à 08:24
  • Minabeuh peut-être mais qu'est-ce que c'est bon

    tu ferais pas l'amour avec la terre, toi ? Véronique Jeannot le fit bien avec la mer.
    et accroche-toi mais si c'était pas si gras, les beignets.... je vais te confier un secret... ce serait pas si bon.
    ni si beignets.

    d'autant que, cher Tit', le beignet tel que je le pratique croûte immédiatement en son huile brûlante ; so : elle ne pénètre guère. Par contre, si tu crains le gras, planque-toi le jour où je publie des pets de nonne.

    Bon... sinon ? merci. Me sens un peu moins seule sur mon île, je peux t'appeler vendredi ? pardon : Vendredi avec majuscule. Respire. )

    Posté par dedicacessen, samedi 10 mars 2007 à 09:08
  • Je ne suis pas très romantique.
    Et mon cerveau travaille moins que le tien.
    Pour moi, c'était simple : Marcel = beignes dont beignets, c'était logique comme association.

    Je plaisante. Si, si.

    Quand j'étais petite, dans ma ville héraultaise d'origine italienne (mais pas que), on vendait des chichi fragis.

    C'était gras, mais gras... huileux au point que les mains étaient protégées parce que la friture traversait le papier dans lequel il était enveloppé.
    J'aimais ça !
    Plus tard, on y a adjoint une crème patissière bien épaisse.
    C'était lourd, mais lourd et j'aimais toujours ça.

    Aujourd'hui, il n'y a plus de vendeurs de chichis fragis (enfin à ma connaissance) et ta recette de beignets me paraît plus légère.
    Mais comme ne n'ai pas suffisamment de proches pour lesquels faire 100 beignets, une fois de plus, je me contenterai de saliver devant les recettes et de me régaler de tes textes de dédicasse.

    Posté par souchette, dimanche 11 mars 2007 à 09:28
  • il y en a même chez moi, des vendeurs de chichis fregi, au marché de noël. Il nous voit arriver, la fille et moi, avec un sourire jusqu'aux oreilles. On est ses clientes les plus assidues. Pssstttt... Souchette, tu divises les proportions par deux et à 4 ou 6 ça passe tout seul. Voire à deux en deux ou trois jours, hein.

    Posté par dedicacessen, lundi 12 mars 2007 à 13:47
  • Peut-être que pour toi tu as du boulot en double, mais pour nous c'est un régal ! )
    Je suis comme ta puce, j'ai adoré le film, mais quand on aime Edith Piaf et Paris et qu'on n'est pas trop tordu, c'est normal...

    Posté par Charline, mercredi 14 mars 2007 à 11:55
  • C'est vraiment adorable, Charline... "un régal"... merci !

    Posté par dedicacessen, jeudi 15 mars 2007 à 00:47

Poster un commentaire